« Erdogan est un fasciste » est-elle une réflexion excessive ?

Après la mobilisation collective du parc ‪‎Gezi‬ à Istanbul, moment crucial où Erdogan se radicalise et nationalise son discours face aux revendications politiques démocratiques émises par les collectifs sur place (Taksim) ; à ce moment précis, il fait alors promulguer par l’‪‎AKP‬ une nouvelle loi sur les manifestations qui pouvait lui permettre d’ouvrir des enquêtes et des arrestations sous prétexte de prévenir le crime mais en fait c’est d’une simple manipulation étatique dont il s’agit, destinée à réprimer la démocratie du versant minoritaire politique émergeant du ‪‎HDP‬ et des multiples autres petites formations politiques appartenant également au versant minoritaire de la ‪‎Démocratie‬ turque. Comme si « manifester » ou distribuer un tract pouvait constituer un crime (?). En réalité, il s’agissait de transférer l’autorité judiciaire vers un pouvoir administratif avec, au passage, la violation directe de la Constitution et du principe d’équilibre des pouvoirs en trame de fond, ouvrant directement sur la possibilité pour ‪‎Erdogan‬ de transformer ainsi chacune de ses opérations policières, quasiment, en véritables actes de guerre… Toutes critiques valant procès, pensant se rapprocher du pouvoir absolu, Erdogan s’en éloigne, tout comme il s’éloigne en même temps de toute possibilité de faire fonctionner la démocratie !

Les arrestations tout ce qu’il y a de plus arbitraire de candidats représentants déjà élus du HDP et de militants n’ayant pas suffi à Erdogan, il a fallu rajouter au malheur de Suruç qui retarda l’aide humanitaire de la jeunesse de la gauche turque pour Kobanê, celui d’Ankara ; désormais reconnu comme le plus désastreux de toute l’histoire de la Turquie avec plus d’une centaine de victimes et cinq fois plus de blessés, à nouveau lors d’un rassemblement pacifiste pour manifester l’urgence et la nécessité d’un retours à la paix (emploi et démocratie), réclamés par le versant minoritaire de la démocratie turque depuis la reprise des hostilités du régime d’Ankara, aux ordres de l’AKP d’Erdogan, au début du mois de juillet dernier. Mais de « Démocratie » peut-il encore être question lorsqu’on voit de quelle manière ces autorités, repoussées jusqu’aux extrêmes aux veilles d’élections, se comportent sur leurs opposants politiques qu’ils transforment en ennemis de guerre par le simple claquement des doigts d’un président toujours aussi sourd aux règles élémentaires des Droits humains ; encore moins sur celles de la « Démocratie »… Si après tout, lui plaît de faire un tour en Europe pour faire des meeting – marketing et vanter l’ultra-nationalisme turc au point de parvenir à se faire décorer par des ultras de la droite européenne toute autant nationaliste que lui, semblerait encore assez normal mais qu’il parvienne à tuer, emprisonner et assassiner autant de civils, sans qu’il ne puisse en être accusé par une jurisprudence internationale, passerait presque pour de la complicité de la part des chefs d’État du monde. Que la politique pouvait prendre des tournures aussi sanguinaires aux approches des élections n’était pas que la marque du Moyen-Âge mais également le propre des dictatures, des juntes militaires assassinant les contestataires ; tant de manières différentes traversent l’histoire de nombreux pays de tous les continents pour que les représentants d’un pouvoir absolu ne se fassent ni atteindre, ni destituer et encore moins renverser. Ce qui exclu automatiquement toute possibilité de développer d’autres politiques que celle du despote indéboulonnable qui ne doit sa solidité qu’à la répression meurtrière qu’il déclenchera contre les opposants qui menacent son illusoire toute puissance. Ce degré de passage sanguinaire, d’une hypothétique paix à la militarisation de la société, se situant probablement lorsque le « monarque » voit sa « majorité absolue » vaciller de ses 4/5ème pour descendre à 3/5ème dans un premier temps pour enfin basculer vers un 2/5ème devenant alors minoritaire pour lui. Là où l’utilisation de la force se déchaine, n’a d’effet que l’intimidation dans un premier temps qui fait rapidement place à la colère, tant ce genre de ressort, pourtant impropre aux Démocraties, se multiplie constamment dans les régimes politiques les plus durs des gouvernances nationales du type de celle qu’affiche actuellement le pourtant déjà auto-proclamé président de la République de Turquie Recip Tayyep Erdogan qui en use et en abuse selon ses volontés et non celles d’une légalité électorale qui permettrait d’organiser le scrutin du 1er novembre dans de meilleurs conditions. Ça passe ou ça casse doit-il se vanter au fond de lui-même ; peut-être aussi se retournera contre lui, le ridicule qui le discrédite aux yeux des tables de la loi du fonctionnement réel d’une démocratie digne de ce nom. Le terrorisme dont-il ne parlera jamais est sans doute le sien !… Celui de l’État totalitaire d’un islamisme désormais « ultra-nationaliste » – lui-même en a menacé l’auditoire lors de sa sortie à Strasbourg-Zénith -, ce qui en retour, laisse très peu de place pour des Kurdes qu’il n’a jamais considéré en dehors de ses idées turques et de la répression immuable qu’il voue à la civilisation Kurde, n’hésitant pas, parce qu’il le peut et que personne ne l’en empêche, à transformer de simples opérations policières en actes de guerre, en assassinats quasiment prémédités, tuant femmes et enfants, vieillards, sous prétexte qu’il cherche à faire une guerre totale contre le PKK, organisation qui défend le peuple Kurde depuis 1978. Mais la civilisation Kurde fut passée par les armes bien avant la fin des années 1970, alors pas étonnant qu’à force, plus d’un demi siècle de persécutions aidant, ils finirent par prendre les leurs, sans pour autant se sentir qualifiable de terroriste autrement que sous l’appellation que s’empresse de leur octroyer le pouvoir qui lui voue une guerre d’extermination politique, civile et militaire (forcément économique aussi) puisque leur politologue, le Général Öcalan est également accusé de trahison militaire par les mêmes despotes qui l’ont pourchassés…

Premièrement, il faudrait chaque fois rappeler que la France n’a jamais reconnue la « trahison militaire » dont est accusé le Général Öcalan, mis à part Giscard certainement, co-signée par le MIT turc, le Mossad israélite et la CIA US… Par conséquent, l’Armée française et son État sont en droit de promettre un autre avenir aux Kurdes, différent de celui qui est actuellement développé par l’hyper-président Erdogan devenu roi fou, dès lors qu’il relance ses hostilités sur la Civilisation Kurde à l’approche d’élections, pourtant la parfaite alliée de toute « nation démocratique » !

Deuxièmement, la France n’a pas à accrocher le PKK au rayon des terroristes, ni même oser prendre le Général Öcalan pour un « mercenaire » aventureux puisque son armée de défense, dans ses revendications, est la seule a être restée la plus proche de la base des Conclusions du Tribunal de Nuremberg parmi toutes les armées du monde, les unes plus grotesques que les autres… Et ceci, sans rappeler que les bases des Conclusions de Tribunal de Nuremberg déconseillaient vivement d’utiliser des notions de race ou d’appartenance religieuse en ‎politique !… à bon entendeur… Général Öcalan :

« Notre conception de la nation démocratique n’est pas définie par des drapeaux et des frontières. (…) Cela constituerait un modèle fondé sur les Droits de l’homme et non sur la religion ou sur la race. Notre conception de la nation démocratique englobe toutes les cultures et tous les groupes ethniques. »

Abdullah Öcalan, Guerre et paix au Kurdistan, Perspectives pour une résolution politique de la question kurde, p. 41 in Situation actuelle et solutions possibles.

Guerre&PaixKurdistan

http://www.freedom-for-ocalan.com/francais/Ocalan-Guerre-et-paix-au-Kurdistan.pdf

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