Tomboy sur Arte mais pas pour les catholiques intégristes de Civitas…

Incompréhensible cette levée de boucliers émanant de cette association de catholiques intégristes Civitas au sujet du film de Céline Sciamma « Tomboy » qui pourtant devrait leur plaire, tant la cruauté due à l’absence parentale renvoie l’enfant fille-garçon (Laure-Michaël) derrière les remparts du silence de l’in-communication au moment où le poteau rose est découvert… Une gifle à la gamine, ça devrait leur plaire pourtant… L’humiliation qu’inflige la mère qui n’y comprend rien et qui l’oblige à s’habiller en fille pour l’exhiber devant ses camarades et son « amoureuse »… ça devrait donc leur plaire… Et bien non !… À croire que tout Civitas s’offusque des crachats d’un petit garçon sur le terrain de football qui sans doute devaient leur être destinés mais certainement pas à la souffrance psychologique que les adultes font subir à un enfant qui cherche à se définir sexuellement au moment où il approche de la pré-adolescence, douleur que magnifie le père lorsqu’il se retrouve seul et qu’il explique la gifle de la mère par un plus que conventionnel « il ne fait pas lui en vouloir »… Et bien merde alors ! Comme quoi, face à une telle situation, peu nombreux seraient ceux qui pourraient sortir des banalités autres que la légitimation d’une certaine violence. Comme si la situation existentielle de Laure n’était pas suffisamment compliquée comme cela, ils s ‘estiment d’en rajouter au lieu de l’aider mais comble de l’horreur est encore mieux le silence de quelques secondes du père ensuite qui, au bout du compte, ne sait plus quoi dire ! Si homosexualité et bi-sexualité dérangent encore autant c’est qu’avant tout les parents n’y comprennent rien et auraient encore trop tendance à fonctionner selon les schémas matrimoniaux classiques même si du côté de leurs divorces cela s’améliorerait quelque peu… Là où l’enfant Tomboy découvre des sentiments et réussit à se mettre en valeur, le monde adulte le renvoie à sa situation vulgaire de l’appartenance à son sexe féminin alors qu’il s’éclate en jouant au foot, qu’il joue d’ailleurs fort bien et se trouve une petite amie… Elle lui baissera la culotte plus tard pour vérifier mais ça c’est autre chose… Bref, truffé d’anecdotes cocasses et sournoises, Tomboy prouverait que cette théorie des genres est plutôt un truc de parents bien enclins à dresser leurs mômes en petites filles à robes ou en petits garçons qui crachent parterre au lieu de se fier aux désirs des marmots qui savent bien mieux qu’eux vers quoi ils sont attirés… N’en déplaise à Civitas mais Tomboy a certainement du les saisir dans leur imbécillité d’adultes que jalonne le conservatisme acariâtre qui, contrairement aux apparences, contribuent au développement de leur notoriété grâce aussi un peu par l’aide de certains médias consentants ! 

Céline Sciamma c’est avant tout une cinéaste « engagée » rapidement remarquée dès son premier film Naissance des pieuvres en 2007 pour lequel elle obtient le Prix Louis Delluc. En 2009 elle apparaît dans 5 films contre l’homophobie aux côtés d’autres réalisateurs pour enfin voir Tomboy nommé au Panorama de la Berlinale en 2011 et en 2012 au Festival du film francophone.

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