En direct de Mediapart, Mélenchon et Internet comme outil démocratique

 

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Internet un outil démocratique ?

Une fois passé le tout-venant merdiatique des multiples sites qui relatent l’information à la manière et à la botte des grands médias, c’est certain qu’Internet représente une source de données libres et indépendantes mais il faut chercher ou s’abonner pour qu’elles puissent perdurer… Victime d’agressions informatiques comme tout récemment l’a connu Médiapart le 8 avril dernier, on comprend avec exactitude de quels enjeux politiques ils sont devenus les représentants… Le souci de clarté, de transparence et d’exactitude de leurs informations n’enlève en rien à la recherche de la « vérité » qui prédomine en eux au cours de leurs investigations… C’est bien pour cela que nous leur faisons « confiance » ! L’originalité, l’imprévu, l’éclairage sur les contradictions en font des outils fiables d’où la forme tarifée qui en découle. Pour mieux définir le rôle des nouveaux médias dans la révolution numérique, la parole a été donnée à Edwy Plenel dans une interview où il déclare qu’il faut refonder ce système, par une loi fondamentale sur la liberté de l’information, qui se place du point de vue du public, du droit de savoir des citoyens. Mediapart est un petit poisson argenté et vif, qui nage face à des gros requins, dans une mer qu’il faut absolument dépolluer.*  

Instrument de rééquilibrage pour Dominique Cardon, sociologue, auteur de La démocratie internet – Promesses et limites (éd. La République des idées, sept. 2010), Internet constitue une sorte d’agora entre l’espace public réservé des élus et le socle populaire qui peut, enfin pourrait-on dire, y mettre de sa parole, donner son avis et pour une fois s’exprimer tout en réduisant l’écart qui le sépare du discours élitiste de leur représentant qui ne sont jamais, faut-il le rappeler, élus à « 100% »… Devenus une sorte de référendum permanent (la formule est d’Edwy Plenel) les médias de l’information d’Internet permettent de mettre au pieds du mur les promesses émises dans les campagnes électorales en remettant les faits sur les charbons ardents de l’immobilisme du pouvoir. Dans un genre de réactualisation permanente de la démocratie participative sommes toutes limitée, l’expression sur Internet devient une référence majeure pour qui ne veut pas dormir sur l’universelle délégation des pouvoirs ! Incitative et en pleine prise de conscience, la révolution numérique se propage dans les réseaux sociaux faisant boule de neige pour susciter la mobilisation et exercer une pression auprès des citoyens comme elle l’a été dans la Révolution Arabe. Avant garde spontanée, elle crée une tension entre ceux qui agissent et ceux qui n’agissent toujours pas.

Internet comme polyglottie, un langage pluriel conduisant au-delà des simples points de vue…

Aux sources de l’utopie numérique de Fred Turner (éd. C&F, déc. 2012), biographie culturelle et politique d’Internet qu’a préfacé Dominique Cardon est parvenue paradoxalement à donner un nouvel instrument au capitalisme… D’abord considéré comme l’outil de l’armée, l’instrument de calcul du grand capitalisme, petit à petit l’ordinateur est devenu une technologie individuelle capable de personnaliser et de personnifier l’individu… Apple2, tout en devenant l’emblème des hackers et d’une certaine démocratisation du web a parallèlement contribué également à devenir une grosse major au service du capitalisme tout en se définissant au départ comme étant le petit poucet opposé à Windows… Cependant, de part le nombre croissant des utilisateurs, au final apparaît une forme d’individualisation des personnes et une contribution inéluctable à la personnification élémentaire de l’individu… Grâce à l’ordinateur, l’individu reprend du pouvoir ! Des formules les plus abjectes de conspirationnisme, de négationnisme, de propos racistes et antisémites émerge néanmoins une « intelligence collective » qui parvient à concerner toute la société dans ses agrégats du refus.

Le mariage pour tous : bilan sur les enquêtes de Mediapart.

Du point de vue législatif et de celui de la rue…

Dans un premier temps, la principale interrogation fut de se demander pourquoi il fallait attacher autant d’importance à ce projet de loi au sein même de la rédaction de Mediapart, question qui paraissait subordonnée aux problèmes de l’emploi, des licenciements et de la baisse du pouvoir d’achat… Et bien non , avant tout, le mariage pour tous est une problématique d’égalité des droits ! Dans le fondement de cette nouvelle loi concernant les unions matrimoniales, l’adoption et la procréation assistée pour les femmes, découleront sans doute le reste plus « économique »… Pas forcément essentiel de prime abord pour François Hollande, ce projet de loi est pourtant devenu prédominant dans le dialogue que la gauche pouvait engager envers la droite… Se sont, de facto, et cela devait-il être prévisible, déclenchés les actes odieux d’homophobie issus d’une droite classique qui n’a de classicisme sans doute que son extrême (?) D’avoir voulu « réenchanter la jeunesse française », François Hollande se doutait-il qu’il parviendrait du coup de réenchanter également la jeunesse nationaliste fasciste ? Tous les propos humiliants non condamnés, d’une violence inégalée pendant huit mois ne font pas taire la dialoguiste « LaPtiteBlan » du collectif « oui, oui », blogueuse à Mediapart qui avait senti venir le double enjeu longtemps à l’avance. C’est que ce qui concernait le mariage pour tous servi de prétexte à étendre la violence, sociale et familiale d’une droite qui a toujours mal acceptée la défaite, à des champs plus large que ceux qu’étaient censée endiguer ce projet de loi au départ ce qui est parfaitement démontré par la journaliste Marine Turchi qui rend compte des masques et cagoules, barres de fer, drapeaux vendéens, français et pirates qui ornementaient les apparitions de rosicruciens en manque de verbe, ne voyant plus que dans la violence le seul et unique argumentaire tentant de faire valoir ce dont ils étaient capables. Le climat malheureusement ne fut pas d’une meilleure qualité dans l’Hémicycle nous rapporte Mathieu Magnaudeix, chargé de Mediapart à l’Assemblée en précisant que c’étaient seulement « certains » Députés de l’Ump et pas tous qui étaient venus contester le projet de loi ; l’un d’eux ira même jusqu’à décalotter un gendarme aux portes des grilles du palais Bourbon… Les « vous assassinez nos enfants » et « si Hollande veut du sang, il en aura » seront mis aux pilon du carpe diem 24 heures plus tard mais le climat restait malsain et bien trop idéologiquement orienté. Jérôme Hourdeaux s’est quant à lui intéressé à la communication des anti-mariage pour tous d’abord de l’autre côté de l’Atlantique émise par une association-collectif qui défend les homophobes dont les représentants appartiennent à l’Opus Dei popularisé et par la même occasion sans doute dévié en Opus Fidelis, autrement dit un fieffé ramassis d’intégristes qui tissent des liens « religieux » au-dessus des océans jusqu’en terre française au nez et à la barbe du Vatican et de nos prêtre ouvriers en voix de disparition… L’internationale fasciste poursuit sa construction se jouant de la tolérance et du droit des individus à disposer de leur corps et de leurs droits dont elle espère encore les amputer du peu qu’ils ont malgré la promulgation d’une loi irrévocable. Pour la première fois les conservateurs sont parvenus à battre les progressistes sur la toile, multipliant les vidéos anti-mariage pour tous, y allant de sa vindicte partisane, oubliant là, que se jouait bien plus qu’une simple règle matrimoniale mais aussi une égalité citoyenne relevant du même registre que celui des sans papiers, du droit de vote des immigrés et des questions de logement pour tous.     

« La nouvelle République » expliquée et débattue par Jean-Luc Mélenchon.

Confrontation avec l’écologiste Pascal Durand qui n’appelle pas à manifester le 5 mai mais qui rejoint Jean-Luc Mélenchon pour une VIème République. Refondation et reformulation d’une république de la modernité, loin de « la monarchie quinquennale » et de l’hyperprésidentialisation qu’alimentent les lobbyistes… Motiver par une marche civique le déclencheur du processus qui enclenchera le changement de République, Jean-Luc Mélenchon se considère comme le porte-voix du franchissement d’un seuil de crédibilité d’une vocation révolutionnaire… « S’emparer des questions du pouvoir, c’est aussi s’emparer de son propre destin » pompe-t-il à Lénine pour nous faire comprendre le pourquoi du comment que tous ces hommes et ces femmes une fois arrivés au pouvoir en font-ils si peu ? Pascal Durand ne viendra pas alors qu’Éva Joly y sera et il ne s’agit pas d’une simple différence de tactique, la complexité pour lui vient de la difficulté de constituer une majorité… Pour changer une République, il faut avant tout parvenir à créer un groupe politique suffisamment majoritaire pour pouvoir parvenir à enclencher le processus d’un changement éventuel de République. Celle-ci, mise à mal, au bord de l’effondrement, ne pourra pas s’établir selon Pascal Durand sur le conflit, l’affrontement ou la personnification d’un seul mais dans une démocratie participative partagée, commune et pas isolée. De son côté, Mélenchon prévoit l’élection de représentants d’une Assemblée constituante qui sera élue démocratiquement par les militants et qui ensuite ne pourront plus être candidats dans une autre Assemblée citoyenne dans le but d’établir une nouvelle législation universelle alliant le droit des individus et leur défense dans l’écosystème. Si il faut passer à une VIème République c’est bien parce que la Vème est fondamentalement a-démocratique, gérée et dirigée par des godillots comme le précise Pascal Durand précisant qu’il faille passer par une voix démocratique issue d’une force suffisamment majoritaire pour établir les nouveaux fondements. Hélas, la résultante électorale débouche sur une contradiction étonnante puisqu’elle ne débouche jamais sur des programmes suffisamment solides pour allier l’universalisme du droit humain avec la fragilité de l’écosystème. Dépendance, dépendance mon cher… L’économique et l’exploitation des ressources prenant toujours le pas sur tout. Résignation et démoralisation ne sont pas dans les motivations de Jean-Luc Mélenchon. La lenteur institutionnelle décrédibilise le gouvernement de François Hollande pour l’instant mais n’entame en rien les programmes engagés… Une marche ? Ok, mais c’est pas ce qui fera que la République s’arrêtera comme ça du jour au lendemain… Et puis au bout, qui ne nous dit pas que la loi d’amnistie des syndicalistes sera finalement peut-être votée à l’Assemblée renchérit Pascal Durand tout à fait partant pour venir marcher le 5 mai prochain à la condition que les communistes et le Parti de Gauche acceptent de venir peser de tout leur poids au gouvernement où là ils pourront faire changer les choses pour que la vie change vraiment. Tentative de rachat qui n’intéresse nullement Mélenchon qui sait très bien que si il acceptait ce serait, pour ses militants, des larmes qui laisseraient couler l’impression du « tiens !… celui-là aussi nous abandonne, nous aurait trahi ». Il ne faudrait pas tergiverser car il ne s’agit pas d’une simple crise cyclique du capitalisme mais d’un nécessaire remaniement en profondeur dont le système aurait besoin… François Hollande l’aurait en son pouvoir mais il n’en fait rien ou très peu, s’établissant en personnage qui impose à tout le monde une politique dont personne ne voudrait.

« Parler cru et dru pour réveiller les consciences » disait précédemment J.-L. Mélenchon quitte à parler de coups de balai ou de traiter certains de salopards… Mais parler plus fort et plus haut que les autres impose de défier quiconque d’oser essayer de s’engueuler avec François Hollande qui prend tout à la légère, avec dérision dans un humour égocentrique. Alors qu’il était encore « socialiste » lors du déclenchement de la guerre en Irak, Jean-Luc Mélenchon se plaît à rappeler le dialogue qu’il avait alors eut avec François Hollande qui se refusait à croire que la guerre avait éclaté… A Mélenchon de lui confirmer que « si, bien sûr » que la guerre est déclenchée, Hollande se refusant toujours à le croire… Comme ça deux ou trois fois… Si, si… Non, non… Et là au Mali, ça va mieux Monsieur le Président ?

Mélenchon serait devenu inaudible ?… Même plus crédible ?… C’est ainsi que le parti Socialiste se cache derrière l’imaginaire de sa victoire qui l’a à nouveau conduit au pouvoir comme si le passé s’effaçait et qu’il n’existait plus que le temps présent dont il ferait ce qu’il voudrait oubliant, le temps d’un scrutin, qu’aucun ne fut élu sans les voix des autres… Ce à quoi Mélenchon convoque un imaginaire révolutionnaire pourtant bien réel basé sur un Robespierre qui accordait de son temps la citoyenneté aux troubadours, aux poètes et aux comédiens ! Mais les gens veulent comprendre en cette période d’incertitude populaire, ils s’intéressent, il ne faut pas croire qu’ils s’empêcheront de construire dans l’action. Sachant que plus d’un salarié meurt par jour en accident du travail et qu’un agriculteur se suicide par jour de désespoir, on est bien en droit de se demander si ce Président Hollande a réellement les pieds sur terre, si il conduit avec exactitude la politique dont le peuple a besoin. D’autant plus qu’au reproche de « roi feignant » émis par le journal le Point à propos de son absentéisme patenté et illusoire au Parlement européen, Jean-Luc Mélenchon ne s’en fâche pas moins que ça en rappelant « en trois clic » (temps Internet nécessaire à la vérification des médisances émises) qu’il y est quand même à 87% de présence citant dans la foulée un Cohn-Bendit qui lui, n’y est qu’à 69% de son temps… Auraient-ils, ces détracteurs, profités de sa participation à la campagne des Présidentielles 2012 qui lui valu certaines absences justifiées pour soulever la polémique ? Précisons également, comme il le dit lui-même, qu’il passe tous ses repas, tous ses week-end, le plus clair de son temps à la vie politique qu’anime ses engagements… Martine Orange aurait-elle des sources d’information biaisées ? Pareil pour la question de la Grèce, de la balance économique européenne et de l’équilibre politique européen gouverné en son ensemble par une forte majorité de droitiers à l’heure actuelle. Terminant presque sur une boutade où Mélenchon passait presque pour le Louis de Funès de la politique en service scandant « wir kapitulieren nie », on comprendra encore mieux pourquoi et comment l’Europe en est arrivée là.

*http://www.bullypulpit.fr/2013/04/la-presse-a-lheure-numerique-rencontre-avec-edwy-plenel/

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