Appel à plus d’efficacité et de solidarité à l’égard des libertés pour les Kurdes.

Si le peuple kurde constitue la partie humaine la plus nombreuse qui n’a pas encore obtenu d’État, c’est peut-être aussi, après tout qu’il n’en veut pas… Du moins pas au sens qu’auraient tendance à lui donner les instances internationales régentées par l’OTAN et l’ONU avec une petite nuance accordée à L’union européenne (Ue) qui, sous couvert d’intérêts économiques avec ce colossal partenaire qu’est la Turquie, n’hésite pas à assimiler certains militants kurdes avec la liste vulgaire du terrorisme international empêchant ainsi de faire aboutir sa vocation première de laisser aux peuples « le droit à disposer d’eux-mêmes. » Tous trois, de grandes institutions mondiales qu’ils sont devenus, n’en restent pas moins acculés aux clivages du capitalisme qu’ils ont du mal à rendre pérenne face à un Kurdistan plus ou moins reconnu mais néanmoins déchiré entre ces quatre grandes Nations que sont l’Iran, l’Irak, la Turquie et la Syrie à l’intérieur desquelles les Kurdes ne vivent pas la même situation ni les mêmes interactions politiques et encore moins une reconnaissance culturelle identique si ce n’est au travers d’une répression injustifiée que persiste à leur vouer la domination mondiale.

Kurdes manif masquée

De Pinar Selek aux assassinats des trois femmes militantes kurdes à Paris le 9 janvier dernier* à bien avant encore, les arrestations se multiplient tout comme ne se dénombrent plus les disparitions des guérilleros kurdes chassés dans les montagnes, probablement transformés en cadavres dont les dépouilles ne sont mêmes plus rendues à leur famille… Par milliers se comptent les journalistes, intellectuels, chercheurs et simples militants non pas seulement enfermés dans les geôles turques mais également pourchassés sur le territoire européen pour simple motif d’être Kurde ou de soutenir leur cause comme en témoignent les vagues arrestations menées dans le Sud-Ouest de la France (16 à Bordeaux et 2 à Toulouse) sur ces militants du Parti des Travailleurs qui récoltaient des dons très rapidement ; action très rapidement déformée en extorsion de fonds tout récemment dans le cadre de la visite du Ministre des Affaires Etrangères turques Ahmed Davutoglu à Paris pour une rencontre avec son homologue français Laurent Fabius…

A ce titre, il est intéressant de noter cette « chasse aux sorcières » menée à l’encontre du PKK qui, contrairement aux groupes terroristes connus, ne visent pas à détruire un modèle politique global d’occidentalisation ou à défendre une obédience religieuse spécifique mais défendent avec fermeté tout un peuple par le biais de la culture fédéraliste kurde ainsi que la possibilité de s’autodéterminer civilement par des Assemblées populaires massivement réunies et représentatives des quartiers des villes qu’elles peuplent au lieu de se plier aux formes de pouvoirs que leur imposerait une politique à laquelle ils n’appartiennent pas et dont ils ne se sentent pas issus. C’est pourquoi, il nous semble prépondérant de retenir cette phrase d’André Métayer, Président de l’association de Rennes Amitiés kurdes de Bretagne lorsqu’il se pose la question de savoir « comment peut-on encore parler de terroristes quand une résistance armée est soutenue par tout un peuple ? »

Des Révolutions se sont faites, ils ont coupé des têtes mais il semblerait qu’elles aient repoussées !…

Il est clair que le PKK est une structure armée construite non pas dans un Etat avec ses frontières mais à l’intérieur de quatre frontières différentes (Iran, Irak, Syrie et Turquie) qui elles avaient déjà leur propre armée défendant des intérêts spécifiques et avaient bien autre chose à faire que de se soucier de la préservation de la culture kurde variable et modulable le long de ces quatre frontières sus-nommées. C’est alors que confronté à quatre armées extérieures et divergentes de leur point de vue que le peuple kurde subi au cours de toutes les périodes historiques quatre fois plus d’oppression puisqu’il ne possédait pas ses propres frontières qu’il allait traduire par des régions autonomes pour revendiquer son droit à l’existence…

Quoi de plus normal alors ainsi que de constituer également aussi une armée autonome lorsque l’esprit militariste vient frapper à vos portes – et il s’agit bien de quatre portes différentes – pour vous chasser de vos terres en vous expropriant, tuant vos enfants et vos femmes si vous refusez de quitter les lieux et refusez de vous plier à la politique colonialiste que tentent de vous infliger vos assaillants dans le but de mieux exploiter les richesses minières et énergétiques du sol que vous foulez de vos pieds et sur lequel par malheur vous auriez historiquement construit vos maisons et fondé vos familles, bâties vos coutumes et vos traditions.

C’est donc sous la forme d’une dictature de la raison que s’est construit le PKK en prenant les traits d’une armée autonome de libération mais certainement pas dans un but terroriste comme aiment à le classifier les instances internationales actuelles et encore moins dans l’idée d’utiliser les mêmes procédés adoptés par leurs persécuteurs…

À la dictature de la raison qui voudrait offrir des frontières au peuple kurde s’oppose toujours la dictature des intérêts économiques ou du partis pris religieux allant même jusqu’à voir manipuler une opposition syrienne qui tentait de renverser le régime de Bachar el-Assad dans un premier temps pour se retourner ensuite aujourd’hui contre les Kurdes d’Halep et de Damas pour leur faire la guerre dans l’espoir de les chasser du sol syrien (?) En politique, du côté irakien, on rencontre d’autres aberrations du même acabit, à savoir que ce Kurdistan irakien gouverné par un régime démocratique s’accorde avec le pouvoir américain après avoir fait serment de tuer en échange tous les membres du PKK (!) En Turquie la situation n’est pas meilleure, reste des plus confuse et la survie du peuple kurde est des plus précaire : le pouvoir turc vous oblige d’apprendre le Turc au reniement de votre langue kurde sous peine de vous voir refuser des postes dans l’administration, il vous font croire que dorénavant vous pourrez vous exprimer dans votre langue maternelle devant les tribunaux mais vous mets un interprète sur le dos à vos frais pour traduire en Turc votre plaidoirie par exemple…

S’ajoute alors à la quadruple oppression territoriale mentionnée plus haut une confrontation de fait qui vise à déconstruire les buts clairement affichés par un supra-capitalisme d’un côté ou de l’islamo-fascisme de l’autre que les Kurdes quémandent leur droit à l’existence auquel l’Union européenne ne peut accepter qu’il leur en soit fait amende.

Ce qui se passe là-bas arrive chez nous plus vite qu’on ne le croit…

Si la question kurde et la problématique étatique qui en émane suscite autant de passion et d’engagement c’est qu’elles sont aujourd’hui devenues l’enjeu de toute l’humanité et à fortiori jusqu’à notre République française qui s’engage à exercer des pressions sur la liberté des droits syndicaux, se trouve encore hésitante quant aux droits au logement pour tous et éprouve encore bien des difficultés envers l’application de l’égalité des sexes car de l’éclosion des mouvements sociaux à leur disparition crainte et redoutée, il n’y a qu’un pas que ne peuvent franchir que des politiques à visées totalitaire utilisant la force, la contrainte et la soumission aux connotations de fascisme économique, de ségrégations sociales et/ou raciales qui peuvent à leur tour jouer sur la peur du licenciement par de multiples pressions psychologiques et la détresse des individus…

*Face à l’immobilité du silence des institutions européennes qui poursuivent leur entêtement à laisser une Turquie kémaliste régenter l’avenir du peuple Kurde, répond l’amplification des associations humanistes et progressistes à dénoncer certaines incohérences devenues purement et simplement de véritables falsifications dans la construction d’une enquête à propos de l’assassinat de la gare du Nord à Paris de trois ferventes militantes de la défense du droit des Kurdes à vivre en autonomie et selon leur identité culturelle propre sur des bases démocratiques et laïques dont se vante fièrement si souvent l’Union européenne.

Premièrement, le supposé coupable Ömer Güney, contrairement à ce que prétend la presse internationale n’est pas le renégat d’un règlement de compte entre membres du PKK… Bien qu’il y ait appartenu depuis deux ou trois ans seulement en se faisant passer pour un Kurde, alors qu’il est typiquement Turc d’origine, laisse songeur… Cela marquerait bien plus une tentative d’infiltration au sein du PKK par une mouvance turque plutôt qu’un conflit intérieur entre les membres de ce même PKK montré du doigt chaque fois qu’il entreprend de défendre la cause Kurde et refoulé depuis trop longtemps au rang de groupe terroriste par de nombreux pays de l’Ue et Interpool qui dispose maintenant d’une « liste noire » non moins longue de 200 ressortissants répartis un peu partout en Europe. Malgré une sévère répression, la Résistance Kurde ne faiblit pas et reste vivace. Coupée en quatre, tiraillés entre l’Iran, l’Irak, la Syrie et la dite Turquie les Kurdes cherchent une voie pour leur reconnaissance autrement que sous les traits d’une dictature politique que de trop nombreux pays de l’Ue soutiennent, cautionnent et lui infligent encore.

Deuxièmement, en Turquie se multiplient les arrestations d’avocats (pas loin d’une cinquantaine) qui défendent les Kurdes à l’heure où il est plus que jamais question de forcer les jeunes femmes à porter le voile dans les universités contrairement à toute volonté émancipatrice… Le rigorisme et le fondamentalisme du gouvernement d’Erdogan brisent tout soupçon d’espoir allant même jusqu’à faire plier notamment la France et l’Allemagne appelées à respecter un certain silence pour des raisons économiques probablement. Mais nous ne pouvons nous taire face aux coups de massues lancées aussi bien au niveau des Droits de l’homme qu’au respect de la diversité des cultures et nous nous posons la question de savoir si il n’aurait pas été préférable d’inclure la Turquie dans l’Union pour lui faire respecter charte et institution au lieu de la rejeter au titre de futur accédante lui laissant ainsi poursuivre, comme elle le veut, réprimer ce que bon lui semble ?

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